(A.P.Hawzah) – Cheikh Ahmed al-Raïssouni, ancien président de l’Union internationale des savants musulmans, a insisté sur la nécessité de préserver l’unité de la communauté musulmane lors de la cinquième rencontre internationale de la Bi‘tha de la Oumma de Mohammad, organisée le mercredi 14 octobre 2026 par l’Assemblée mondiale Qademoun. Il a souligné le rôle essentiel des oulémas, des prédicateurs et des intellectuels musulmans dans la lutte contre les divisions et le renforcement de la solidarité entre les musulmans.
Évoquant la place de l’unité dans la vie du Prophète de l’islam (PSL), il a déclaré : « Le Prophète de l’islam (PSL) a posé les fondements de l’unité entre les musulmans. Il a instauré des liens de fraternité et de solidarité entre les émigrés (muhajiroun) et les auxiliaires de Médine (ansar), entre les tribus des Aws et des Khazraj, ainsi qu’entre La Mecque et Médine. En établissant un noyau solide d’unité parmi les Arabes, il a créé les conditions nécessaires à la formation et à la consolidation de la communauté musulmane. »
Al-Raïssouni a ajouté que les califes qui ont succédé au Prophète, ainsi que les prédicateurs musulmans, avaient eux aussi contribué à l’expansion de cette unité. « Par la suite, les activités de prédication, les initiatives scientifiques et les efforts menés dans le cadre du djihad ont permis à différents peuples de la région de se rassembler sous la bannière de l’islam et autour de la profession de foi : “Il n’y a de divinité que Dieu, et Mohammad est le Messager de Dieu.” »
L’ancien président de l’Union internationale des savants musulmans a également évoqué le contexte historique des territoires islamiques. Il a rappelé que les régions aujourd’hui désignées comme le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et certaines parties de l’Asie occidentale étaient, avant l’expansion de l’islam, soumises à des puissances impériales et à des régimes autoritaires. Il a souligné qu’il ne fallait pas assimiler les conquêtes musulmanes au colonialisme et à l’occupation, estimant qu’elles devaient être replacées dans le contexte de la libération des peuples de la région de la domination des puissances de l’époque.
Poursuivant son intervention, Al-Raïssouni a cité le colonialisme, les ingérences étrangères et les invasions des croisés parmi les facteurs ayant contribué à affaiblir l’unité des musulmans. Selon lui, ces interventions ont conduit à la fragmentation des peuples musulmans, à l’instauration de frontières politiques et à la dispersion des territoires islamiques, affectant ainsi les liens communs qui unissaient les musulmans.
Insistant sur la responsabilité des oulémas dans la préservation de l’unité de la communauté musulmane, il a déclaré que, même si les musulmans avaient perdu leur unité politique et vivaient désormais au sein de plus de 50 États et entités gouvernementales distincts, les oulémas conservaient la capacité de préserver et de renforcer le sentiment d’appartenance commune ainsi que l’identité unifiée de la communauté musulmane. Une identité, a-t-il rappelé, qui trouve ses racines dans les enseignements du Noble Coran.
Il a ajouté que les oulémas, les prédicateurs et les intellectuels musulmans avaient le devoir d’adopter une position ferme face aux courants qui cherchent à creuser des divisions confessionnelles, politiques, géographiques et nationales entre les musulmans. Les divergences et les frontières ne doivent pas devenir des instruments servant à affaiblir la fraternité islamique, à attiser l’hostilité ou à provoquer des conflits internes et régionaux, a-t-il averti.
L’ancien président de l’Union internationale des savants musulmans a également critiqué les préjugés hérités de l’ignorance préislamique (jahiliyya) et les tendances favorisant la division. Il a estimé que les oulémas devaient, avec sincérité et courage, mettre en garde les musulmans contre les formes de fanatisme qui alimentent les désaccords et la séparation, tout en renforçant l’esprit d’unité et de solidarité au sein de la communauté.
En conclusion, il a souligné que l’unité islamique devait être considérée au-delà des considérations et des divergences politiques. Malgré les différences entre leurs systèmes de gouvernement et les frontières géographiques qui les séparent, les musulmans doivent préserver leurs liens et leur identité islamique commune à travers des pratiques et des rassemblements tels que le pèlerinage à La Mecque (hadj), les conférences et les prises de position solidaires.
Al-Raïssouni a enfin rappelé que les oulémas et les prédicateurs pouvaient jouer un rôle déterminant dans la préservation de l’unité des musulmans et la lutte contre les facteurs de division, grâce à leur travail de sensibilisation, à leur rôle d’orientation de la société et à leur insistance sur les valeurs communes de l’islam.




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